Qu'est ce que le BURN OUT ?
- juliejonquet
- 21 mars
- 3 min de lecture
Longtemps minimisé, le burnout – ou syndrome d’épuisement professionnel – est désormais reconnu comme une réalité impactant profondément la santé mentale, physique et sociale des individus car ce phénomène toucherait près 1/3 de la population serait touchée d’après les études.
Il désigne un état d’ « épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel ».
Il ne s’agit pas simplement d’une fatigue passagère mais d’un processus de dégradation du rapport subjectif au travail. Concrètement, face à des situations de stress professionnel chronique, la personne en burn-out ne parvient plus à faire face.
Le syndrome se caractérise par une fatigue intense (= épuisement émotionnel), une perte de motivation (et dépersonnalisation) et un sentiment de vide (= diminution de l’accomplissement personnel), associés à une perte de sens au travail.
Quelles sont les manifestations du burn out ?
Le burnout peut se traduire par des manifestations plus ou moins importantes, d’installation progressive, souvent insidieuse, qui sont en rupture avec le fonctionnement habituel.
Ces manifestations peuvent être d’ordres émotionnel (anxiété, tensions musculaires, tristesse, manque d’entrain, irritabilité, hypersensibilité, absence d’émotion…), cognitif (troubles de la mémoire, de l’attention, de la concentration…), comportemental (isolement, repli sur soi, comportement agressif, diminution de l’empathie, ressentiment et hostilité, comportements addictifs…) et/ou motivationnel (désengagement progressif, baisse de motivation et de moral, effritement des valeurs associées au travail, dévalorisation).
Des manifestations d’ordre physique sont souvent présentes également : fatigue chronique, trouble du sommeil, troubles musculo-squelettiques (lombalgies, cervicalgies…), céphalées (maux de tête), vertiges, trouble de l’alimentation, troubles gastro-intestinaux.
Burn out et dépression : quelle différence ?
Bien que proches dans leurs manifestations, le burn-out et la dépression sont différents sur différents aspects.
En effet, elle amène une attitude opposée face à la souffrance. En effet, Les personnes en burn-out ont tendance à lutter contre leur état. Elles continuent à avancer, à travailler, à “tenir bon” malgré l’épuisement. À l’inverse, dans la dépression, la personne a plutôt tendance à lâcher prise, submergée par un sentiment d’impuissance et de désespoir.
De plus, la cause identifiable dans le premier, quant elle est souvent diffuse pour le deuxième. Le burn-out est généralement lié à un contexte précis, souvent professionnel. La personne peut identifier clairement ce qui l’a menée à l’épuisement. Dans la dépression, les causes sont plus floues. Il peut s’agir d’un ensemble de facteurs accumulés ou d’un mal-être plus global.
Par ailleurs, il y a une grosse différence dans le rapport au temps. En burn-out, la personne reste dans une forme d’hyperactivité et de pression temporelle constante, cherchant à tout faire malgré le manque d’énergie. En dépression, le rapport au temps se modifie : tout ralentit, la personne se sent détachée, comme spectatrice de sa propre vie.
Ainsi, pour se remettre dans le premier cas, la personne devra « recharger ses batteries », s’obliger à prendre le temps de se reconnecter à « l’Etre », alors que dans le deuxième, elle devra apprendre à « Faire » à nouveau pour se redynamiser (dans les grandes lignes).
Existe-t-il des facteurs de risque ?
Il existe effectivement des facteurs de risque tels que :
- L’intensité et l’organisation du travail (surcharge de travail, imprécision des missions, objectifs irréalistes, culte de la performance…) ;
- Une exigence émotionnelle importante avec une dissonance émotionnelle (manque de cohérence qui génère un conflit intérieur très energivore), ou la confrontation à la souffrance, à la mort ;
- L’autonomie et marge de manœuvre trop importante ou pas assez ;
- Les relations dans le travail (conflits interpersonnels, manque de soutien du collectif de travail, management délétère, manque de reconnaissance, …) ;
- Les conflits de valeurs ;
- L’insécurité de l’emploi.
L’environnement familial, social est également à prendre en considération.
Le burn-out est un signal d’alarme puissant. Il invite à repenser son rapport au travail, ses limites et ses priorités. Il apprend à mettre « l’ETRE » au même niveau que le « FAIRE ».

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